
Auteur inconnu
André vit sur la rue Dorval et il a une vingtaine d’années. Un jour, il se brouille avec son père. Il claque la porte du foyer familial en disant à son père des choses très dures. Il lui reproche de ne rien comprendre aux jeunes, d’être dépassé et même un peu « arriéré ».
André s’en va donc d’un pas décidé, débuter sa vie d’indépendance. Enfin, se dit-il, je suis libre… Travail, amis, argent, appartement : c’est intéressant. Mais au bout de quelques mois, il se rend compte que c’est difficile de vivre seul. Il connaît toutes sortes de difficultés… Et puis… il découvre qu’au fond son père n’était pas si mauvais. Plus il réfléchit (rentre en lui-même), plus il se rend compte que ce serait intéressant de revoir son père et de prendre un bon repas en famille…
Une question surgit alors : « Mon père me laissera-t-il revenir après tout ce que je lui ai dit? » À plusieurs reprises, il essaie de se convaincre d’aller frapper à la porte de la maison, mais il est incapable. Il a peur. Il lui vient alors l’idée d’écrire une lettre : ce sera plus facile de demander pardon à son père de cette manière.
Dans sa lettre, il dit simplement à son père qu’il regrette sa faute et qu’il désire retourner à la maison. Comme il n’est pas certain que son père le laissera entrer, il lui dit : « Si tu acceptes de me pardonner, tu placeras un linge blanc dans l’arbre en face de chez-nous. S’il y a un linge blanc, ce sera que tu me pardonnes, j’entrerai. S’il n’y en a pas, je passerai tout droit. » Dans sa lettre, André a fixé à son père le jour et l’heure où il passerait devant la maison.
Quand le temps est venu, André est nerveux, il a un peu peur. Lorsqu’il s’assoit dans l’autobus qui doit passer exactement en avant de la maison de ses parents, il rencontre un vieillard qui lui semble bon. Il explique au vieil homme sa brouille avec son père, sa tentative de réconciliation et lui dit : « Lorsqu’on passera sur la rue Dorval, en face du parc, c’est chez moi. Moi, je ne regarderai pas dehors. J’aurai les yeux fermés; dites-moi si oui ou non, il y a un linge blanc dans l’arbre. »
Lorsque André est certain qu’il a dépassé la maison où ses parents demeurent, il ouvre les yeux. Le vieillard à côté de lui pleure à chaudes larmes. André s’inquiète et dit : « Il n’y avait pas de linge blanc dans le pommier? » Le vieillard répond : «NON, il n’y avait pas UN linge blanc dans le pommier, il y en avait des dizaines et des dizaines. On ne voyait presque plus le pommier tant il y avait de linges blancs. Ton père avait sorti toutes les guénilles de la maison pour te dire : « Entre, tu es ici chez-toi. »
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