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Si nous cherchions l’Étoile!

8 janvier 2012
Année B : Épiphanie du Seigneur
Matthieu 2, 1-12

« Ils [les mages] demandèrent: "Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu son étoile apparaître à l’Est, et nous sommes venus lui rendre hommage" » (v. 2)

Qui n’a pas formulé un vœu devant une étoile filante ou, mieux encore à la vue des perséides en un chaud mois d’août? Qui se souvient d’avoir cherché à identifier l’étoile polaire qui, située dans la petite ourse, permet de ne point perdre le nord? Qu’y a-t-il de plus mystérieux et de plus enveloppant qu’une nuit étoilée?

L’évangile de ce dimanche qui célèbre la manifestation de Dieu à toutes les nations nous place en présence de ces hommes qui sont gens d’affût, guetteurs de signes qui les conduisent au nécessaire plutôt qu’au superflu, à l’essentiel plutôt qu’à l’accessoire. Aujourd’hui, comme au temps des mages, ces sages venus d’Orient, des hommes et des femmes de bonne volonté demeurent à l’affût de signes qui leur permettent l’approche de la vérité et les ouvrent à plus grand qu’eux-mêmes.

L’étoile dont il est question aux versets 2, 7 et 9, nul ne peut l’identifier et la situer dans l’une ou l’autre des constellations qu’il est possible de contempler. Matthieu pourrait bien vouloir dire tout simplement de façon imagée que les Juifs qui connaissaient les prophéties annonçant la venue du Messie n’ont pas su le reconnaître alors que des païens honnêtes et en quête de vérité, l’ont cherché et reconnu comme roi et fils de David.

Il faut nous souvenir que Matthieu écrit son évangile après la résurrection du Seigneur et qu’il connaît bien l’épreuve d’une jeune Église persécutée par les Juifs. Le titre de roi des Juifs attribué à Jésus sera l’élément fondamental du procès qu’il subira devant Pilate (voir Matthieu 27, 11). Et pourtant, ce n’est pas Hérode qui, au verset 3, porte le titre de roi, que les mages cherchent à rencontrer, mais bien l’enfant qui vient de naître (v. 2) et qu’ils nomment roi des Juifs. Qui donc est le véritable roi des Juifs? Voilà la question à laquelle Matthieu tente de répondre et voilà comment, en donnant ce titre à Jésus, il met les Juifs dans leur tort.

Aujourd’hui encore, ne sommes-nous pas dans l’étonnement et dans l’admiration en constatant que bien des gens, loin de la pratique religieuse et de l’observance de certaines règles ecclésiales, se soucient de chercher et d’accorder sens à leur existence et d’être perpétuellement en quête de vérité, de justice, de paix, de tout ce qui peut humaniser le monde? La manifestation de Dieu ne leur est-elle pas promise? Ne nous est-il pas permis d’entendre la parole que Matthieu met dans la bouche de Jésus: «cherchez et vous trouverez»? (Matthieu 7, 7). Toutes les voies de recherche du Beau, du Bon, du Bien n’ouvrent-elles pas à la rencontre de Dieu qui a envoyé son Fils à toutes les nations? À l’humanité entière? Tous les humains ne sont-ils pas appelés et aptes à se tenir à l’affût de signes pouvant révéler la présence et l’amour du Seigneur?

Les mages n’ont pas fait que guetter l’étoile. Ils l’ont suivie. Ils ont marché à sa lumière. Gens d’affût, ils ont été aussi gens de route. Ils ne se sont pas arrêtés comme les scribes et les pharisiens attachés à des lois qui étouffent la vie. La Bonne Nouvelle dont l’étoile était le signe, ils la portaient déjà dans leur cœur et c’est elle qui les mettait en route. Aujourd’hui, des femmes et des hommes qui, partout dans le monde, luttent contre ce qui détruit l’humanité, ne sont-ils pas en route vers ce Dieu qui aime et qui sauve tous et chacun de ses enfants de la terre?

La question des mages «Où est le roi des Juifs?» peut nous renvoyer à l’importance d’être au nombre des chercheuses et des chercheurs de Dieu. Comment pourrions-nous ne pas demeurer indifférents, voire même hostiles à l’Évangile comme les Juifs l’ont été à Jésus sans nous adonner à la recherche constante de la connaissance du projet de Dieu sur le monde qu’il bénit, qu’il protège, qu’il aime? Comment pourrions-nous accueillir cet Évangile sans nous adonner à la réflexion, à la prière, à la recherche avec d’autres des manières de le mettre en pratique dans notre vie quotidienne?

L’offrande des mages, si symbolique qu’elle soit, appelle à donner le plus précieux que l’on possède à l’autre. Bien des gens l’ont compris qui consacrent leur vie au service de qui profite, non seulement de leurs biens matériels, mais encore de leur présence, de leur attention, de leurs soins, de leur accompagnement, de leur amitié, de leur aide diversifiée… Être prêt à tout donner n’est-ce pas arriver là où conduit l’étoile de la générosité et de l’abnégation, imitant ainsi, souvent sans le savoir, ce Jésus de Nazareth qui, après avoir donné santé aux malades, reconnaissance aux enfants, pardon aux pécheurs, s’est donné lui-même pour aller jusqu’au bout de sa mission: révéler au monde entier qu’il est aimé d’un amour infini et éternel.
Dans quel ciel de notre vie pouvons-nous percevoir l’étoile qui nous mène à nos frères et sœurs en humanité et par eux à notre Dieu? Si nous cherchions l’Étoile! Si nous marchions en nous laissant guider par elle! Peut-être alors parviendrions-nous à reconnaître le Seigneur tellement présent dans l’histoire du monde.

Denise LAMARCHE
Longueuil

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