
Signé : OBLIGATION.
Chère OBLIGATION,
Je n'aime pas plus votre pseudo que vous aimez le mien! On s'entend bien. Je vous comprends donc de réagir à cette obligation. Vous souhaitiez cette imposition révolue, derrière vous à jamais. On dirait, ma foi, que ce que l'on croyait mort est revenu à la vie. Vous n'êtes pas la seule à réagir ainsi. Le Québec est vraiment allergique à ce qui est obligatoire. J'en fais partie. Le libre choix gagnerait à prendre la relève, me semble-t-il. Mais faut croire que cela rend encore service que d'imposer, d'obliger.
Si vous et moi nous faisions le tour des foyers du Québec, je suis convaincue que l'on rencontrerait au moins trois façons de vivre les relations avec les enfants, puisqu'il s'agit de communication adultes/enfants. Un genre de trinité, quoi! Oui, oui. Comme vous le constatez, il y a des parents qui décident pour les jeunes. Tant qu'ils vivront dans la demeure, ces jeunes n'ont pas le choix. C'est ainsi que ça se passe. Il y a d'autres parents qui laissent décider leur enfant. On veut l'amener à faire des choix. Il est libre. Plus libre. D'autres encore opteront pour un échange qui permettra d'en arriver à un commun accord. Alors devant ces trois illustrations, vous savez, je me sentirais bien mal de dire aux familles comment élever leur rejeton et quelle formule privilégier. à‡a ne me concerne pas. Cela ne m'empêche pas d'en privilégier une. Et je suis convaincue que chacune des trois façons a ses effets bénéfiques et ses lacunes, ses dangers même.
En lisant votre question, me vient à l'esprit cette autre question : est-ce bien vrai que les parents obligent le jeune à aller à votre rencontre? Si tel est le cas, vous avez, en plus de prendre soin de la rencontre que vous animez, à lui remettre une décision. Laissez-moi vous raconter…
Vous savez, dans ma vie, il m'est arrivé à plus d'une fois de me retrouver à quelque part où je n'avais pas nécessairement envie de me retrouver. Même des fois, pantoute! Et par chance, je ne le disais pas. Je ne me serais pas fait d'amis. Et ne me demandez pas non plus à quelles occasions, à quel endroit! Je me ferais haïr encore. Dans ces circonstances non désirées, vous auriez dû, chère OBLIGATION, m'entendre marmonner. Et croyez-moi, ce n'était pas une dizaine de chapelets que je récitais. Mais j'ai appris à me poser les deux questions suivantes.
Primo, si je n'ai pas le choix d'être là , au moins j'ai le choix de décider de la façon dont je vivrai cette obligation. Comment? En boudant, en rongeant mon frein, en rendant la vie des autres insupportable ou en essayant de faire en sorte que ce temps soit agréable, profitable. Je me suis déjà surprise à m'amuser là où je ne voulais pas être. J'avoue que j'avais du mal à me l'avouer. Surtout pas question de l'avouer à quelqu'un d'autre. Quand même!
Secundo, si je n'ai pas le choix d'être là , car quelqu'un en autorité en a décidé ainsi, je peux trouver une raison positive qui ferait mon affaire, un bienfait pour moi d'être là . Pour quoi? Ainsi ce sera beaucoup moins énergivore de me retrouver là pour une raison personnelle, que je garde pour moi, que de donner l'impression à l'autorité en question que je lui obéis. C'est grave, ein. Mais ça marche!
Je ne voulais pas vous embêter avec mes histoires, mais il me semble que cette confidence peut vous aider avec pareille situation que vit le jeune dont vous parlez dans votre question. Et peut-être que si vous fouillez dans vos souvenirs, vous trouverez un réflexe similaire aux miens.
En terminant, je me permets de vous trouver pas mal bonne pédagogue. Vous avez mis à contribution votre petit fils pour une raison ou l'autre qui ne m'appartient pas. Conservez ce truc, il pourrait vous servir comme réponse à votre question.
Merci, OBLIGATION. Bonne chance à vous. Je me permets de vous proposer une autre sollicitation auprès de votre petit-fils. Il pourrait sans doute vous éclairer et vous parler de mon pseudonyme.
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