
Signé : MUETTE
Bonjour MUETTE.
Merci de risquer votre question. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, comme on le dit souvent. Dommage que vous n’ayez pas trouvé plus tôt une personne, un lieu de confiance pour oser faire part de ce que vous vivez. Mais ça, c’est une autre histoire. Il faudra bien y regarder de plus près un de ces jours. C’est maintenant que vous le faites. Au moment opportun pour vous. Et s’il en étai de même pour la personne mentionnée dans votre question?
Ouais. Revenons à votre question. MUETTE, Comment réagissez-vous lorsque quelqu’un dans votre groupe parle à son voisin, en chuchotant? Si un membre du groupe sourit alors que ce que vous dites n’est pas vraiment drôle? Si tout le groupe prend des notes sauf une personne, toujours la même? Si quelqu’un arrive en retard, et même plus d’une fois? MUETTE, je souhaite que, pour la nouvelle année, vous appreniez à vous détendre. La liberté des enfants de Dieu, qu’en faites-vous?
Votre réaction vous bloque. Qu’est-ce que le comportement de l’autre suscite chez vous? Il est là le problème, chère MUETTE. Et là aussi réside la solution, sans doute.
Voyons de plus près ce qui peut se passer. Vous faites allusion au droit au silence. À ce que je sache, cela ne perturbe pas le fonctionnement du groupe. Il ne s’agit pas d’un comportement violent ou inapproprié. Et si vous forciez quelqu’un à parler, croyez-moi, vous allez perdre des joueurs. Moi la première! Bon, une chose de réglée.
Avec une bonne tasse de bouillon chaud, regardez à froid les raisons possibles d’un silence. Les personnes introverties ne figurent pas parmi les plus loquaces. La timidité seule, avec ou sans l’introversion empêche de s’exprimer devant un groupe, même petit en nombre. Des personnalités dites secondes vont réagir après coup, mais rarement au moment où l’action se passe. Une période de difficultés personnelles laissera la personne dans sa bulle, comme pour se protéger. Une difficulté d’allocution consciente ralentira les ardeurs à prendre la parole. Pis encore, une estime de soi plutôt faible interdira l’expression des idées par crainte du ridicule. La surdité chez une personne la privera d’échanges par crainte d’avoir manqué des mots, des idées. Il peut s’agir aussi d’une incompréhension du sujet traité, d’un désintérêt. Par contre, si la personne revient aux rencontres, à moins de vouloir ajouter aux souffrances de notre Seigneur Jésus Christ, je ne retiendrais pas ces deux dernières raisons. Si elle revient, détendez-vous, réjouissez-vous même. À moins que les présences soient obligatoires. Des raisons au silence, il y en a sans doute d’autres …
Voyez-vous, MUETTE, plusieurs raisons peuvent installer même confortablement une personne dans un silence. Dansez avec elle, dans le même confort. Ces raisons ne vous appartiennent pas. Elles lui appartiennent. Qu’est-ce qui se passe chez l’autre personne pendant qu’elle est silencieuse, qu’elle sourit? C’est sa vie, c’est son droit.
Par contre, vous avez sans doute des pistes de solution. Chez vous. En vous. Regardez-vous. Par exemple, si vous favorisez consciemment ou inconsciemment les bonnes réponses, je comprendrais le silence. Si vous avez l’habitude de marquer les interventions de votre sceau, du genre : «très bien» après les interventions, je comprendrais le silence. Si vous ne laissez pas assez de temps aux personnes introverties ou plus lentes pour descendre en elles et trouver les mots pour se dire, je comprendrais le silence. Si la personne est prise en otage et qu’elle doit obligatoirement être présente, je comprendrais le silence. Si le groupe pressent que vous recherchez une réponse, je comprendrais aussi le silence.
Des actions, maintenant. Vous pouvez sporadiquement demander au groupe si des désaccords ou des nuances sont à apporter ou encore d’imaginer une toute autre opinion que celle émise. Tranquillement, vous souhaiteriez ainsi la bienvenue à la différence, à la dissidence. Le groupe pourra percevoir que cette diversité ne vous perturbe pas, qu’elle est même encouragée. Vous pouvez reconnaître qu’il est parfois difficile, intimidant de faire part de ses opinions concernant un sujet plutôt personnel. Vous pouvez également prendre à part la personne silencieuse et vérifier discrètement si elle suit bien, si elle a besoin d’aide. Vous pouvez instaurer un système de communication anonyme. Vous placez un contenant à la disposition du groupe pour recevoir des commentaires et des questions anonymes. Et quoi encore?
J’espère, chère MUETTE, avoir apporté un peu de lumière à votre question et dissiper un tant soit peu ce qui vous trouble. Je me réjouis de votre audace à ce moment-ci. Je respecte votre rythme. Je vous souhaite d’en faire tout autant.
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